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mardi 16 novembre 2010

L'ennuie

Je me suis donc pencher sur la définition. C'est pour moi une bonne base pour démarrer une réflexion. Connaître le sens du mot. Le sens n'a rien de radieux. Jetons un œil sur le Centre Nationnal de Ressources Textules et Lexical (aka le CNRTL), outil oh combien précieux.


ENNUI, subst. masc.
A.− Vieilli ou région. Abattement causé par une grave peine, une profonde douleur. Il est tombé dans un ennui et dans une faiblesse qui ont donné frayeur pour sa vie (Maîtres sonneurs) (Vincent, Lang. et style rust. Sand, 1916, p. 184).
En partic. Nostalgie, regret de quelqu'un ou quelque chose et, absol., mal du pays. Que l'ennui de toi me prenne (Flaub., Corresp., 1849, p. 95). Il avait l'ennui... Il pleurait tout le temps (Ramuz, Gde peur mont., 1926, p. 86).
− [Avec réf. à l'emploi cour. dans la lang. class.; en partic. cf. Racine, Bérénice, I, 4 : Dans l'Orient désert quel devint mon ennui!] :
1. Aussi comprend-on que Françoise avait pu dépérir, les premiers jours, en proie (...) à un mal qu'elle appelait elle-même l'ennui, l'ennui dans ce sens énergique qu'il a chez Corneille ou sous la plume des soldats qui finissent par se suicider parce qu'ils s'« ennuient » trop après leur fiancée, leur village.
Proust, Le Côté de Guermantes 1, 1920, p. 19.
B.− Moderne
1. Sentiment de lassitude.
a) Sentiment de lassitude coïncidant avec une impression plus ou moins profonde de vide, d'inutilité qui ronge l'âme sans cause précise ou qui est inspiré par des considérations de caractère métaphysique ou moral. Ennui incurable; accablé, rongé d'ennui, languir d'ennui. [Emma] sentait l'ennui plus lourd qui retombait sur elle (Flaub., Mme Bovary, t. 1, 1857, p. 73). Je suis l'ennui et la navrance en personne! (Valéry, Corresp. [avec Gide], 1891, p. 125). La promenade est une invention de l'ennui; on promène l'ennui (Alain, Propos, 1932, p. 1088) :
2. Tout me lasse : je remorque avec peine mon ennui avec mes jours, et je vais partout baîllant ma vie.
Chateaubriand, Mémoires d'Outre-Tombe, t. 1, 1848, p. 337.
Rem. 1. Dans ce sens, le mot est souvent associé à abattement, langueur, mélancolie, tristesse. 2. Le mot apparaît avec majuscule pour désigner l'ennui personnifié. C'est l'Ennui! − l'œil chargé d'un pleur involontaire (Baudel., Fl. du Mal, Paris, Gallimard, 1857-61, p. 6).
b) Sentiment de fatigue, de découragement provoqué par l'inaction ou le manque total d'intérêt de quelqu'un ou quelque chose. Ennui mortel, sans nom; air d'ennui; baîller d'ennui. Tout ici respire un ennui mortel! (Las Cases, Mémor. Ste-Hélène, t. 1, 1823, p. 522). Le concert s'acheva dans l'atmosphère d'ennui spéciale à ces sortes d'assemblées (Vogüé, Morts, 1899, p. 407). Je reproche à la politique quelle qu'elle soit, l'énorme ennui qu'elle dégage (Green, Journal, 1949, p. 314).
SYNT. Ennui écrasant, féroce, profond; geste, impression, moment d'ennui; crever, mourir d'ennui; tromper l'ennui; avec/ sans ennui.
− [Avec compl. prép. de désignant ce qui cause l'ennui] L'ennui de transcrire des pièces secrètes (Stendhal, L. Leuwen, t. 2, 1835, p. 260). Ennui de ces longues conversations où rien n'avance (Renard, Journal, 1906, p. 1095).
Rem. Dans ce sens, le mot apparaît souvent en assoc. avec dégoût, désœuvrement, fatigue, oisiveté.
2. Sentiment de désagrément, de contrariété, voire d'inquiétude, motivé par une cause extérieure passagère plus ou moins grave. Cause d'ennui; pour comble d'ennui; avoir de l'ennui du côté de qqn ou qqc. Il laisse percer son ennui de ne pouvoir se faire jouer (Goncourt, Journal, 1882, p. 208). Je m'en tire assez bien, au grand ennui des Jaubert qui espéraient sournoisement me voir grondée (Colette, Cl. école, 1900, p. 150) :
3. Avons-nous une destinée? Sommes-nous libres? Quel! ennui de ne pas savoir! Quels ennuis si l'on savait.
Renard, Journal, 1889, p. 26.
P. méton., au sing. et au plur. Ce qui cause le sentiment de contrariété ou d'inquiétude. Ennui mécanique; ennui d'argent, de chauffage, de santé; être assailli d'ennuis. (Quasi-)synon. accident, anicroche, pépin (fam.). Toujours des ennuis de ménage (Claudel, Corresp. [avec Gide], 1910, p. 125). Elle risquait de créer aux Van Bergen toute sorte d'ennuis et de difficultés (Van der Meersch, Empreinte dieu, 1936, p. 88). À cent kilomètres environ d'Hassetché nous eûmes un ennui de voiture (Tharaud, Alerte en Syrie! 1937, p. 221).
Avoir des ennuis. Se trouver dans une situation difficile. Quelques-uns de mes confrères qui craignent d'avoir des ennuis à la Libération (Montherl., Demain, 1949, II, 3, p. 724).
En partic. Avoir des démêlés avec quelqu'un. Mlle Emma Siller a des ennuis avec son propriétaire (Gide, Journal, 1911, p. 339).
L'ennui/le seul ennui, c'est que. (Quasi-)synon. le hic, c'est que. Le seul ennui est qu'il va falloir attendre (Zola, Dr Pascal, 1893, p. 222). L'ennui c'est qu'il n'a pas pris l'argent (Claudel, Échange, 1954, III, p. 788).
Rem. La docum. atteste ennuyance, subst. fém., lang. pop. région. Synon. de ennui. a) [Correspond à B 1 a] J'ai eu souvent de l'ennuyance, mais plus jamais (...) à partir du moment où cette petite main-là s'est nichée toute tiède dans la mienne (Genevoix, É. Charlebois, 1944, p. 43). b) [Correspond à B 2 b] Personne à qui compter mes ennuyances (Maupass., Contes et nouv., t. 2, R. Prudent, 1886, p. 645).
Prononc. et Orth. : [ɑ̃nɥi]. Ds Ac. 1694-1932. Jusqu'au xviiie s. on prononçait aussi bien [ɑ̃nɥi], qui n'a prévalu qu'au xixe s., que [anɥi]. Cette dernière prononc. est encore cour. dans le Midi de la France (cf. ennemi). La persistance de la nasale dans l'initiale s'explique p. anal. avec des mots du type enfermer, etc. Étymol. et Hist. 1. 1re moitié xiie s. « tristesse profonde, chagrin, dégoût » (Psautier Oxford, éd. Fr. Michel, CXVIII, 28 : Sermeilla la meie aneme pur ennui [prae taedio]); 1658 par affaiblissement « lassitude d'esprit, manque de goût, de plaisir » (Pascal, Pensées, éd. Ph. Sellier, Projet de 1658, IX Divertissement, § 168); 2. 1130-40 « contrariété très forte, tourment » tournera a grant enui (Wace, Conception ND, 448 ds Keller, p. 104b). Déverbal de ennuyer*. Fréq. abs. littér. : 5 415. Fréq. rel. littér. : xixe s. : a) 8 008, b) 8 827; xxe s. : a) 8 029, b) 6 636. Bbg. Arnold (W.). Ennui, spleen, nausée, tristesse. N. Spr. 1966, t. 15, pp. 159-173. − Bianchini (A.). Le Développement du mot ennui de la Pléiade jusqu'à Pascal. Cultura neolatina. 1952, t. 12, pp. 225-238. − Dumonceaux (P.). Lang. et sensibilité au 17e s. Genève, 1975. − Johnston (O.M.). Old French enui, annui, anoi, enoi, ennui, ennuy, applied to persons. Mod. Lang. Notes. 1930, t. 45, pp. 32-34. − Sagnes (G.). L'Ennui ds la litt. fr. de Flaubert à Laforgue. Paris, 1969

Quelque soit le sens, moderne ou vieilli, ce n'est pas joyeux. Un enfant a-t-il réellement besoin, pour se construire d'un sentiment de lassitude? De découragement provoqué par l'inaction? Contrariété? Inquiétude? D'abattement? De profonde douleur. Certes le sens moderne c'est éloigné de la notion de profonde douleur.... mais est-ce réellement par usage?


Pour moi, c'est bien dans ce flou de l'évolution linguistique que né le devoir d'interrogation dans l'art abstrait de la parentalité.


J'ai une tendance à croire qu'on se voile la face. Car, l'ennuie n'a rien d'heureux, aucun plaisir. On a cacher son sens vieilli sur une façon très moderne de fonctionner, ou l'on minimise le ressenti en croyant faire out le contraire.Qu'il est bon de se coucher dans l'herbe, écouter la nature, regarder les nuages. Il y a inaction physique, mais stimulation sensoriel. Mais, pour l'ennuie, c'est un écho négatif a un manque d'action. Ça n'a rien d'une base vital pour devenir un humain heureux.


Au contraire, j'attends plus d'un enfant qui voit l'ennuie arriver qu'il ai une réaction pour communiquer a son parent (qui doit du coup être à l'écoute de la réalité et de ne pas la considérer comme négligeable). L'enfant peu rebondir seul ou demander a son parent des pistes. Parfois, quand l'ennuie est un ingrédient courant du quotidien, il est très difficiles d'en sortir. Les « J'm'ennuie, chais pas quoi faire » qui vont avec « rien » en proposition n'est convenable pour l'enfant... me semble être le symptôme d'un grain de sable qui a gripper le mécanisme par accumulation.


L'ennuie n'est pas un sentiment heureux. Il n'est pas une base solide pour « grandir humain ». On mélange la notion de ne rien faire a l'ennuie. Car forcément dans une société de productivité, d'efficacité, l'ennuie, c'est une perte d'argent, d'énergie qui aurait pu, et du être rentabiliser.


Valorisons le temps à faire moins, à faire différemment. Le rien faire est un regard péjoratifs sur une action peu productive à nos yeux. Mais on n'est jamais entrain de rien faire. On se laisse aller a nos sens. C'est une expérience.


Et si être là, en apparente inaction, mais en se laissant aller a écouter, on développe enfaite sont ouï?


Je ne crois pas a l'ennuie comme valeur constructive pour le petit humain, la souffrance, ca ne construit rien, ni personne. Ça fait mal. Et puis c'est tout.

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